Posté le 21 mai 2008, dans Développement durable par Laurent.
Accompagnés par la tendance actuelle liée au développement durable, nous remarquons une sensibilité grandissante dans les demandes de production papier. Nous proposons par défaut des productions “écologiques” depuis plus de 4 ans. Alors qu’à l’époque notre démarche était considérée comme originale, nous avons aujourd’hui un retour de normalité sur l’inquiétude d’une production “propre”.
Une honorable prise de conscience certes, mais le passage sur papier recyclé avec l’insertion d’un petit pictogramme en bas de page pour un positionnement plus “écologique” ne veut plus dire grand chose. Il faut creuser plus en amont afin de connaître les différentes solutions (recyclé, PEFC, FSC) ainsi que les choix et démarches qu’il est nécessaire de faire pour agir réellement dans le sens de la planète.
Pour commencer, il existe 2 manières d’obtenir des produits écologiques:
1 - Le papier recyclé pour éviter de faire fonctionner les incinérateurs et réduire les consommations.
Contrairement à ce que l’on pense, imprimer sur du papier recyclé n’est plus forcement un geste écologique efficace. En effet la totalité du papier trié est recyclé et déjà réintroduit sur le marché. Il faut également prendre en compte sa fabrication. Par exemple, le dé-encrage du papier et l’utilisation de blanchisseur pour obtenir un recyclé blanc peuvent être faits par des traitements chimiques polluants et produire une boue de dé-encrage qui l’est aussi.
On appelle “recyclé” un papier comprenant au moins 50% de fibres provenant de déchets de papier imprimé. Nous pouvons considérer qu’un recyclé “écologique” est un papier 100% recyclé de couleur gris-beige ou traité sans chlore.
Concrètement, l’intégration de déchets dans la fabrication de pâte pour un 100% recyclé permet d’économiser 90% d’eau et 50% d’énergie par rapport à un papier vierge blanchi. Il permet aussi l’économie de bois et la réduction du volume des déchets et de produits chimiques utilisés.
Il est toutefois préférable de le prendre labélisé afin de garantir une production propre des papiers. Le label doit être de type “labels écologiques proprement dits”, comme “Ange Bleu”, “Cygne Nordique” ou encore label de l’UE.
Car attention, il existe des labels auto-proclamés écologiques ou des informations de produit standardisés portant souvent la confusion aux yeux des demandeurs.

Par exemple, contrairement aux idées reçues, le label “Recycling symbol” est un label non contrôlé. Il est utilisé pour indiquer que le papier est recyclé, en partie ou totalement. Il peut également être utilisé pour indiquer que le matériau sur lequel il est apposé PEUT être recyclé, ce qui ne veut plus rien dire dans notre cas.
Le label “Point vert” signifie que le fabricant donne une contribution financière à un organisme de traitement de ses déchets d’emballage par recyclage ou par incinération. Il n’indique en aucun cas que le papier est ou sera recyclé.
A noter également que le papier recyclé peut occasionner des imperfections et un manque de qualité selon la création graphique. Et que celui-ci coûte plus cher à fabriquer que le papier vierge : par ses traitements, il est possible de le trouver avec une augmentation allant jusqu’à 20% de plus qu’un papier sur fibre vierge. Certains imprimeurs le proposent tout de même au prix de ce dernier pour encourager sa consommation.
2 - La production certifiée FSC ou PEFC pour une gestion forestière durable
Le FSC est né aux Etats-Unis au début des années 90. Il fixe des principes portant sur l’exploitation des forêts suivant des critères écologiques et sociaux et compte près de 60 millions d’hectares de forêts certifiées. Mais celui-ci est assez mal adapté aux forêts européennes compte tenu du fort morcellement et d’une large prédominance des forêts privées. Par conséquent, le PEFC est créé en 1998. La certification PEFC devient un nouveau standard qui établit un cahier des charges que doivent suivre les producteurs de bois. Celle-ci couvre en 2006 près de 200 millions d’hectares de forêts de par le monde.
L’avantage flagrant de ces papiers est qu’ils sont réalisés à base de fibres neuves et peuvent être couchés, ceci impliquant une qualité d’impression bien meilleure que le recyclé.
A noter également que de nouveaux papiers voient actuellement le jour, composés d’un mélange de fibre FSC ou PEFC et de papier recyclé. Ce type de papier a de fortes chances de devenir un grand standard, bien que le peu de consommation actuelle de ces produits le rende encore assez cher.
Ensuite, les imprimeurs utilisent de nombreux produits toxiques et polluants, et choisissent leur fournisseurs notamment pour les encres et les papiers. Il est donc nécessaire de distinguer si un imprimeur propose des produits recyclés ou certifiés simplement comme support d’impression ou si ceci rentre dans une réelle démarche écologique de sa part.
Il existe la marque Imprim’Vert, qui concerne essentiellement la gestion des déchets. Bien qu’elle représente un passage nécessaire à nos yeux, celle-ci à pour défaut, en plus d’être une marque, de ne pas être assez contraignante. Elle ne permet pas d’identifier la démarche de l’imprimeur. Elle demande de respecter ces 3 points :
- la bonne gestion des déchets dangereux
- la sécurisation des stockages de produits dangereux (neufs ou déchets en attente de collecte)
- l’exclusion des produits toxiques des ateliers.
Il existe aussi la certification ISO 14001. C’est une démarche qui va plutôt être destinée aux imprimeries assez importantes et qui permet une maîtrise des questions environnementales, avec objectifs, chiffrage, suivi de l’évolution…
Pour la critique de cette démarche, la norme ne mentionne pas l’obligation de développement durable et ce n’est pas parce qu’une société est certifiée qu’elle ne pollue pas. Dans le sens ou elle n’oblige pas à communiquer les résultats à l’extérieur et où l’imprimeur se fixe lui-même ses propres objectifs, elle représente surtout un outil de suivi et de maîtrise interne.
Bref, nous n’avons toujours pas de quoi distinguer ceux qui plient par opportunisme commercial de ceux qui ont réellement des pratiques éco-responsables.
Sachez qu’en imprimerie vous pouvez demander des papiers recyclés ou certifiés, en passant par des traitements sans chlore et la gestion des déchets, mais vous pouvez aller jusqu’aux encres végétales, le pelliculage sans solvants, un dos carrés collés sans solvants, des films de routage biodégradables…
Le mieux que nous ayons trouvé de notre coté étant encore d’aller les voir pour parler avec eux et visiter la production avant de nous faire une idée de leur positionnement…
Pour conclure
Coté production, pour une réelle démarche écologique, nous conseillons de sélectionner l’imprimeur avec beaucoup de soin, d’imprimer les documents graphiques nécessitant une bonne qualité sur des papiers certifiés et d’imprimer le reste sur du recyclé labélisé.
A noter que le papier non blanchi fatigue moins les yeux et qu’en Allemagne par exemple, l’utilisation de papier blanc pour des correspondances classiques est considérée comme déplacée.
Pour le reste, et parce qu’il est nécessaire que toute la chaîne soit responsable pour aller au bout de la démarche, la gestion du papier se fait en trois étapes :
- Limiter la consommation de papier, consommer mieux (imprimer seulement si nécessaire, en recto/verso…)
- Privilégier le papier recyclé
- Porter le papier usagé dans des bennes de récupération afin qu’il puisse être recyclé (voir aussi recyclage des documents confidentiels)
Sachez que le tri est le maillon faible de la chaîne car seulement 55% des papiers utilisés sont collectés pour être recyclés.
Nous remercions pour ce post :
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